Une Allassacoise, championne du monde
des 24 h de course
L’aventure démarre par les footings du dimanche matin pour « le maintien de la forme». Elle devient un peu plus sportive avec de nombreuses participations aux « 10 km » de la région et, en 2001, l’entrée officielle au club de course du «Pays de Brive Athlétique Club». Les entraînements se structurent et le choix des compétitions est plus ciblé. Même si rien n’est encore bien déterminé, l’esprit compétiteur s’installe. Il faut dire que « la dame » possède de sacrés atouts, qui caractérisent les coureurs solitaires : discrétion, volonté, ténacité, pugnacité. L’évolution constante des résultats pousse toujours plus haut les objectifs, avec un choix désormais délibéré : la course d’endurance. Au rythme d’une compétition officielle par mois, Sylvie Peuch avale les kilomètres. Les entraînements ne sont pas en reste. Avec 160 à 180 kilomètres par semaine, elle forge son talent et affûte son mental. Ses compagnons de course, Joël son époux, Corine sa soeur jumelle et ses partenaires de club, partagent tout au long des parcours, ses sentiments de bien être mais aussi ses moments de doute. Toutes ces performances (voir encadré), tous ces sacrifices, toute cette volonté sont récompensés : la fédération française la sélectionne en équipe de France de course à pied, avec cinq autres femmes et six hommes, pour participer au championnat du Monde de Séoul (Corée du Sud) en octobre 2008. « Surprise, joie et doute dans les minutes qui ont suivi le coup de téléphone du directeur technique national qui m’a annoncé ma sélection en équipe de France ». La championne, dotée d’un tempérament réservé et modeste, n’en est pas moins excitée à l’idée de revêtir le maillot Bleu. « C’est mon titre et mon nouveau record du Limousin, j’en suis persuadée, qui m’ont valu d’être retenue en équipe de France » répond l’allassacoise à chacun des messages de félicitations. Plongée dans le bain de la grande aventure, Sylvie Peuch participe au stage national, puis continue un entraînement intensif (14 heures par semaine). Elle s’adapte peu à peu aux sept heures de décalage horaire : levée à trois heures du matin, elle commence ses journées par deux heures d’entrainement quotidien, puis enchaîne avec sa journée de travail. Le samedi 18 octobre, la ville d’Allassac est en ébullition derrière sa championne en attendant l’arrivée programmée 24 heures plus tard !
Le dimanche à 16 heures, Sylvie Peuch vit un véritable conte de fée ! Grâce à un exploit historique de l’ensemble de l’équipe, elle est médaillée d’or par équipe ! En dominant les vingt cinq nations présentes, les françaises ont déjoué tous les pronostics et monopolisé le podium (voir encadré). Bernard Gaudin, référent du 24 heures à la Fédération Française d’Athlétisme, peut être fier de ses protégés «Ils ont à eux seuls réussi à glaner davantage de médailles que l’ensemble de la délégation française d’athlétisme aux Jeux Olympiques de Pékin». Outre la performance par équipe, pour sa première sélection en équipe de France, Sylvie Peuch réalise une prouesse en individuel : avec 220.289 km parcourus, elle explose son record personnel et le record du Limousin, qu’elle détenait depuis deux ans ! A son arrivée à Roissy, elle revient sur son exploit « Les premières heures de course m’ont été très difficiles, j’ai eu de terribles maux de ventre et en plus, la chaleur, l’humidité, les moustiques et pour finir la chute. Mais quinze heures plus tard, quand on entend, les yeux humides, les premières notes de la Marseillaise, on oublie tout, la pollution, la fatigue, les pépins de course, tout ».
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