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LES ARDOISIERES :
UNE RENAISSANCE APRES 30 ANNEES DE SOMMEIL.
En ce début 2006, Allassac voit son riche passé ardoisier revivre avec la réouverture prochaine d’une carrière d’ardoise. Les ardoisières Bugeat vont en effet ré exploiter l’ardoise sur le site historiques des carrières, site connu depuis le XIIème siècle.
Il faut se rappeler que l’exploitation ardoisière a été durant plus d’un siècle le fleuron de l’économie allassacoise (400 ouvriers en 1914), marquant profondément l’architecture, le bâti, l’histoire de la cité. En sommeil depuis près de 30 années (la dernière exploitation s’arrête en 1977), le site ardoisier a connu bien des aléas. Sous la municipalité de Jean Aillot (1981-1983), une grande partie du site passe dans le domaine communal, un projet de relance n’aboutit pas. Les carrières serviront de décharges sauvages.
Dès son élection en 1995, Gilbert Fronty et son équipe municipale se préoccupent du site tant au niveau environnemental qu’au niveau d’un possible projet de réouverture d’une exploitation. Une étude est menée en 1996,1997 et 1998, elle servira en partie de base aux recherches et aux divers essais menés par l’entreprise Bugeat
De retour d’un voyage d’affaire en Chine en 2000, Jean François Bugeat, cet entrepreneur carrier de Travassac, alors âgé de 40 ans, s’aventura en voisin sur le site ardoisier d’Allassac, avec toutefois une petite idée en tête « Pourquoi aller chercher si loin, ce que l’on a peut être à portée de main ». Après une visite rapide et concluante du site, il se rapprocha très vite de la municipalité d’Allassac et de son maire Gilbert Fronty et entrepris un premier essai de fabrication en 2001. Les études antérieures, le résultat concluant de l’essai et la découverte d’un impressionnant, mais difficile à évaluer, filon de schiste bleu, lancèrent définitivement la longue démarche administrative qui aboutira en novembre 2005 sur l’autorisation de réouverture d’une carrière qui produira ce matériau noble et robuste qu’est l’ardoise d’Allassac. La convention signée entre les deux parties valable pour une durée de 25 ans prévoie également la remise en l’état des terrains exploités.
« A ciel ouvert », désormais la seule façon possible d’exploiter permettra aux trois employés, prévus d’intervenir, d’extraire jusqu’à 1000 tonnes de pierres brutes par an. La production qui devrait démarrer, dans moins de deux mois, sur le site même, permettra la fabrication d’une ardoise unique au monde. En effet l’ardoise d’Allassac, épaisse de 8 à 10 millimètres fournira le modèle baptisé «Tuile d’Auvergne ».
« La qualité de ce schiste associé à sa renommée explique la forte utilisation de ce type d'ardoise dans toute l'auvergne. Principalement vendues dans le Massif Central, les ardoises d’Allassac sont très demandées dans l’Aveyron et dans la Lozère. Le Cantal, la Corrèze et le Puy de Dôme restant encore de bons clients », nous confie Jean François Bugeat.
Le chef d’entreprise qui a su marier les conseils des anciens carriers et les nouvelles technologies du forage, prévoie à long terme d’employer sur le site allassacois, une dizaine d’ouvriers carriers. Il ne veut pas pour autant aller trop vite en besogne même si la demande est grande « le coût du matériau reste encore très élevé, car si on a mécanisé une partie de la fabrication d'où une plus grande productivité et que l’on a fait des progrès en terme d’extraction avec l’utilisation de scies pour débiter les énormes blocs de pierres, la partie « fente et taillage » de l’ardoise est quant à elle, restée entièrement manuelle ».
Hormis le noble matériau de toiture, véritable patrimoine du milieu allassacois, la carrière peut aussi fournir avec les « restes » des matériaux non utilisables pour la couverture une large gamme de produits. Les produits et dérivés de l'ardoise d 'Allassac proposés aux artisans, aux architectes et maîtres d'œuvre et aux particuliers sont multiples : Ardoises de couverture, moellons de plaquage, dallages pour sols intérieurs et extérieurs, pierres à bâtir en vrac, linteaux, plaques de cheminées, plateaux de tables, etc.
Aujourd'hui, la réouverture des ardoisières d'Allassac est aussi un vibrant hommage rendu à tous les « Piquet, Catala, Rip, Ded, Go, Ripette, Tiabet, Le Gros clos, Queuille, Toto » et bien d'autres « chaffres », surnoms donnés à tous les carriers, figures emblématiques d'une époque où la pierre était reine et qui ont, en leur temps, contribué à l'essor de la cité ardoisière.
Schiste. Gilbert Fronty maire d’Allassac, conseiller général et toute son équipe, voient en cette réouverture de la « Grande bleue », le résultat positif d’un projet important pour les allassacois.
JB PEYRAT
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